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Note de presse

Les propos attribués au Département d’État, relayés par le Miami Herald qui circulent sur les réseaux sociaux ont créé surprise et indignation dans le landerneau politique haïtien.  Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (FUSION/PFSDH) croit indispensable de rappeler toute la vérité sur la responsabilité du régime PHTK dans la situation catastrophique qui prévaut actuellement dans notre pays et sur le véritable rôle joué par les partis politiques de l’opposition démocratique.

Si nous en sommes là aujourd’hui c’est parce que le président Jovenel Moïse a délibérément choisi de détruire les institutions démocratiques. Un système démocratique ne peut pas fonctionner normalement en l’absence d’une de ses branches essentielles : le Parlement.

Le président est tenu par la constitution de veiller au bon fonctionnement des institutions.  Il a sciemment programmé le démantèlement du parlement en refusant d’organiser les élections aux dates constitutionnelles prévues. Durant son mandat, il devait créer les conditions pour la tenue de sept (7) élections, deux pour le sénat, une pour la chambre des députés, une pour les conseils municipaux, une pour les conseils d’administration des sections communales, une pour les membres des assemblées de sections communales et une pour le président de la république.

Il faut se souvenir que le président de la république contrôlait le parlement et disposait d’une majorité confortable dans les deux chambres. S’il avait voulu faire passer une loi pour organiser des élections libres et honnêtes (free and fair election) en vue de renforcer l’état de droit, il aurait parfaitement pu le faire. Mais comme son plan était de se donner les pleins pouvoirs pour gouverner par décret et surtout pour ne pas avoir à rendre compte de sa gestion, il a laissé trainer les choses jusqu’au mois de janvier 2020 et a déclaré le parlement dysfonctionnel.

En aucun cas on ne peut imputer aux partis politiques de l’opposition et surtout pas à la FUSION la responsabilité de cette défaite du droit ni du chaos qu’elle a occasionné.  Bien au contraire l’opposition démocratique au prix de grands sacrifices, a contribué depuis la chute de la dictature à la consolidation de la démocratie. Avec le soutien des pays amis d’Haïti, y compris les Etats-Unis, le Canada, l’Union Européenne, on a pu mettre en place une force de police qui elle aussi est aujourd’hui fragilisée toujours par la volonté du chef de l’état. Il a choisi de mettre à sa tête un directeur par intérim, alors que son mandat aurait pu être validé par le parlement qui était encore fonctionnel. 

Le système démocratique est en lambeaux en Haïti, alors qu’il aurait pu être renforcé si le pouvoir PHTK n’avait pas dilapidé les fonds du programme Petrocaribe.  Mais 4.2 milliards de dollars ont été détournés et mal dépensés.  La Banque Mondiale a dénoncé cette corruption et rappelé qu’Haïti aura à rembourser cette dette. Mais le Premier Ministre d’alors Laurent Lamothe a contesté cette dénonciation et a même obtenu que l’ambassadeur du Venezuela fasse une déclaration pour dire qu’Haïti est le pays où les fonds ont été les mieux gérés. C’était l’époque où le pouvoir PHTK était un allié privilégié du régime chaviste et où Jovenel Moïse n’avait pas encore trahi l’amitié du Venezuela.

Il apparait évident pour tous les observateurs que si le président Jovenel Moïse teint tant à organiser lui-même les élections, c’est pour s’assurer que le pouvoir restera dans les mains du régime PHTK et qu’il pourra continuer à protéger ceux qui ont volé l’argent de Petrocaribe.  D’ailleurs il a déclaré publiquement que personne ne pourra lui reprendre le pouvoir.

La FUSION croit que les élections constituent un passage obligé vers le retour à un fonctionnement normal des institutions démocratiques. Toute décision du président de constituer unilatéralement un conseil électoral aboutira à une aggravation de la situation et ne résoudra pas le problème. Aucune élection crédible, libre et honnête ne peut avoir lieu sans un accord politique entre les secteurs de l’opposition démocratique et de la société civile. Il faut se rappeler que l’opposition avait consenti à engager des discussions sérieuses avec le pouvoir en décembre 2020 en vue de trouver une solution de sortie de crise respectueuse de la constitution. Mais Jovenel Moïse entendait garder le pouvoir au-delà du 7 février 2021, date légale et constitutionnelle de la fin de son mandat. Son intransigeance a fait échouer les négociations. Sa stratégie consistant à fédérer les gangs et à les laisser opérer impunément dans la région métropolitaine, vise tout simplement à contrôler une zone qui compte plus de 40% des électeurs potentiels.

Nous sommes les vrais défenseurs de la démocratie que nous avons contribué à établir pendant plus de trente ans, au prix de grands sacrifices.  La FUSION a pris toute sa part dans cette lutte et entend continuer à jouer ce rôle. Nous ne pouvons pas retourner aux années de plomb de la dictature. Sous la présidence de Jovenel Moïse, il est devenu pratiquement impossible de manifester pacifiquement sur la voie publique. Les élèves qui demandent des professeurs dans leur salle de classe sont matraqués, les étudiants qui veulent un hommage à leur professeur lâchement assassiné sont réprimés.

Il est nécessaire que les démocrates haïtiens se mettent d’accord sur la meilleure façon de relancer le processus démocratique. On ne peut pas compter sur Jovenel Moïse et ses amis pour trouver une solution durable à cette instabilité chronique qui empêche d’engager notre pays sur la voie du progrès. Si rien n’est fait pour restaurer l’état de droit, si rien n’est fait pour juger ceux qui ont perpétré des massacres à répétition et ceux qui ont volé l’argent public et pour obtenir sa restitution, nous risquons de voir le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire (4.5 millions) augmenter considérablement.  Nous risquons aussi de voir nos compatriotes recommencer à prendre la mer par milliers pour fuir la misère et la faim, avec tous les risques que cela comporte pour eux-mêmes et pour les pays de destination. 

AYITI PAP PERI, NOU KA CHANJE SA.

Port-au-Prince, le 17 septembre 2020

Edmonde SUPPLICE BEAUZILE Présidente

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