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DIRECTION POLITIQUE DE L’OPPOSITION DEMOCRATIQUE ÉLÉMENTS DE DISCOURS POUR LA CONFÉRENCE DE PRESSE Hôtel Le Plaza, Port-au-Prince, le jeudi 15 octobre 2020

  1. Présentation de la Direction Politique de l’Opposition

Un certain nombre de partis politiques et de regroupements d’acteurs politiques, sont depuis de nombreux mois à la pointe du combat pour le respect des prescrits de la constitution et le retour à l’ordre démocratique.  Ils travaillent en concertation avec d’autres organisations politiques et avec des membres de la société civile en vue d’atteindre cet objectif.  Le peuple haïtien est déjà habitué à voir ces partis politiques prendre ensemble des positions publiques sur les faits marquants de la conjoncture.

Aujourd’hui nous voulons présenter à l’opinion une structure appelée Direction Politique de l’Opposition qui est composé de représentants des organisations politiques suivantes : Ayiti An Aksyon (AAA), Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (FUSION /PFSDH), INIFÒS, INITE, Mouvement Chrétien pour une Nouvelle Haïti MOCHRENAH, Organisation du Peuple en Lutte (OPL), Secteur Démocratique et Populaire (SDP), VÉRITÉ, VEYE YO.  C’est un espace ouvert que pourront rejoindre d’autres partis politiques qui adhèrent à notre combat et aux valeurs qui que nous défendons. Cette direction politique a pour mandat entre autres de suivre en permanence l’évolution de la situation politique et de définir conjointement les actions à entreprendre pour atteindre  les objectifs du groupe.

  • Poursuite des discussions avec les divers secteurs de la société pour préparer la gouvernance de la transition

La démarche unitaire et inclusive demeure un axe majeur de l’action entreprise.  Nous entendons convaincre un maximum de compatriotes de s’engager dans la lutte pour la démocratie, pour la justice et pour le respect de notre charte fondamentale par tous et par chacun d’entre nous y compris par le Président de la République qui croit qu’il est au-dessus de nos lois et qu’il peut diriger notre pays selon son bon plaisir.  Notre combat va nous mener immanquablement vers une autre gouvernance de la transition.  Nous entendons convaincre la grande majorité de nos compatriotes qu’un dialogue entre les démocrates haïtiens est indispensable pour construire des consensus suffisants autour d’un Projet National.

Certains veulent faire croire que c’est l’opposition qui veut à tout prix une transition.  En fait si nous sommes obligé de parler aujourd’hui de transition c’est parce que le Président l’a voulu et l’a imposé à la Nation.  Par définition, la transition est la période comprise entre le moment où nous sortons de l’ordre constitutionnel et du fonctionnement normal des institutions, et le moment où nous arrivons à remettre la démocratie sur les rails.  En n’organisant aucune des sept (7) élections prévues par la constitution au cours des quatre (4) dernières années, le Président a atteint son objectif qui était de se retrouver seul aux commandes sans avoir de compte à rendre à personne.  Depuis le mois de janvier, nous sommes en dehors du cadre constitutionnel donc déjà dans la transition.  Alors que le président pense pouvoir la conduire seul, nous lui rappellerons sans cesse qu’il n’a d’autre pouvoir que ce que la constitution lui attribue.  Il ne peut donc pas prétendre gouverner et légiférer selon son bon plaisir.

En attendant son départ du pouvoir il nous incombe à tous de réfléchir ensemble sur le contenu de la transition de rupture que nous voulons tous, sur le Dialogue National, sur l’organisation d’un vrai procès Petro Caribe, sur le jugement des auteurs et des commanditaires des nombreux massacres enregistrés ces derniers temps.

  • Impératif du respect des prescrits de la constitution de 1987 sur la date marquant la fin du mandat du Président soit le 7 février 2021

Le débat sur la date constitutionnelle et légale de la fin du mandat de ce président a déjà eu lieu.  Il ne s’agit plus d’en débattre car la constitution et les lois de la république ont déjà tranché sur le fait que Jovenel Moïse doit quitter le pouvoir au plus tard le 7 février 2021.  Il n’y a que lui et quelques-uns de ses partisans inconditionnels qui font semblant de croire qu’il pourra tranquillement à rester au palais national au-delà de cette date.  Cela n’arrivera pas.  Le peuple haïtien ne l’acceptera pas et ce ne sont pas les gangs qui semblent avoir carte blanche pour terroriser la population qui l’aideront à réussir son coup de force contre notre constitution et contre notre démocratie.

La question du pouvoir de transition que prépare l’opposition hattienne est aujourd’hui une offre du pouvoir dirigé par le Président Jovenel Moise. Nous refusons de parler d’élections avec le Président Jovenel Moise pour trois raisons :

  • La gangstérisation du territoire haïtien par le pouvoir en place élimine toute possibilité de la tenue d’élections libres, honnêtes et crédibles.
  • Le système électoral désuet et désorganisé, ne peut organiser d’élections sans une réforme en profondeur avec un conseil électoral qui sortira d’un accord politique inclusif et légitime
  • Les 4 mois qui restent à l’équipe PHTK  à passer au pouvoir ne lui confère pas le droit de décider de manière unilatérale en violation de la constitution, de déclencher des opérations électorales dans le pays.

Nous rappelons à toutes les personnes composant le CEP que leur nomination est illégale et ne leur donne aucun droit  de prendre des décisions en matière électorale et encore moins à engager ni à bénéficier de fonds du Trésor Public.  Cet avertissement vaut aussi pour le  Ministre de l’Économie et des Finances qui engagera sa responsabilité personnelle s’il autorise des décaissements en faveur des usurpateurs qui se croient membre du CEP.

  • Nécessité pour la communauté internationale d’accompagner les démocrates haïtiens dans leur combat pour le retour à l’ordre démocratique et le respect de la règle de droit

Nos amis de la communauté internationale doivent savoir que le temps où ils pouvaient imposer à notre pays une démocratie au rabais, une démocratie de façade est définitivement révolu.  Nous sommes des démocrates convaincus.  Nous connaissons l’importance de l’organisation régulière d’élections libres honnêtes et démocratiques pour choisir les dirigeants nationaux et locaux.  C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas accepter que ce soit un président qui a délibérément choisi de n’organiser durant son mandat aucune des élections imposées par la constitution qui vienne aujourd’hui tenter de se faire passer pour un démocrate et s’assurer ainsi, avec des élections sur mesure, que personne ne soit en mesure de lui reprendre le pouvoir.

Nous disons au Secrétaire Général de L’ONU qu’il doit comprendre que le peuple haïtien n’a pas apprécié qu’il ait choisi d’attribuer la baisse du nombre d’assassinats à l’initiative de gangs de se fédérer.  Ceci donne la désagréable impression que l’organisation mondiale approuve félicite ce regroupement de bandits armés qui terrorise la population.

  • Justice pour Maître Monferrier Dorval, l’étudiant Grègory Saint-Hilaire, Elias Eric Diogène, responsable de la sécurité du Sénateur Latortue  et pour toutes les autres victimes des massacres, assassinats et kidnappings

Les condamnations des massacres, crimes et kidnappings enregistrés ces temps derniers sont unanimes.  Le pouvoir quand il n’est pas directement coupable est toujours manifestement responsable.  C’est à lui qu’il incombe d’assurer la protection des vies et des biens.  Sur le terrain de la sécurité le gouvernement est aux abonnés absents.  Dans l’opinion publique tout le monde croit que certains des derniers  massacres et assassinats spectaculaires sont commandités par le pouvoir.  Tout le monde a vu les images des agents du palais national tirer à hauteur d’homme sur les étudiants de l’École Normal Supérieure.

Nous appuyons la demande du Barreau de Port-au-Prince et de la Confédération Internationale des Barreaux qui exige qu’une commission d’experts internationaux soit associée à l’enquête sur l’exécution de Me Dorval.

Le gouvernement a perdu le contrôle de pans entiers du territoire national qui sont livrés aux gangs.  Le but est manifestement de terroriser la population et de l’empêcher de de manifester dans la rue son aversion pour le régime en place.  La défaite du droit est toujours provisoire. Si ce n’est pas aujourd’hui ce sera demain, justice sera rendue aux nombreuses victimes de l’insécurité. C’est l’occasion de rappeler que nous n’oublions pas les voleurs et les dilapidateurs des fonds Petrocaribe.

  • Aberration de la volonté du pouvoir d’enlever par un décret illégal, à partir du 16 octobre 2020, aux citoyens haïtiens l’utilisation de leurs documents légaux émis par l’État comme moyen d’identification

Le gouvernement de Jovenel Moise a perdu la tête en affirmant ce qu’à compter du 16 octobre 2020 toutes les pièces d’identité avec photos légalement établies par l’état au nom des citoyens haïtiens ne devront plus être acceptées comme moyen d’identification des citoyennes et de citoyens.  Cette manœuvre ridicule constitue un chantage éhonté du gouvernement contre le peuple haïtien pour le contraindre à oublier et à passer l’éponge sur les malversations qui ont entouré le projet Dermalog.

Cette mesure est aberrante et nous demandons à toutes les institutions de participer à une campagne de désobéissance civile en continuant d’accepter les cartes d’identité fiscale, les cartes d’identification nationale, les permis de conduire, les passeports comme pièces d’identité valable pour toutes sortes de transactions.

  • Importance de la poursuite de la mobilisation de tous les démocrates haïtiens pour barrer la route et faire obstacle au projet dictatorial du pouvoir en place

Depuis le mois de juillet 2018 les haïtiennes et les haïtiens ont signifié clairement et sans équivoque leur rejet de la politique menée par le gouvernement actuel.  Pendant plusieurs mois ils ont répondu massivement aux appels des partis politiques de l’opposition démocratique.  Mais le Président de la République a choisi de faire la sourde oreille et a refusé d’entendre les cris et les revendications légitimes  du peuple.

Maintenant qu’il arrive à la fin de son mandat constitutionnel, toutes les haïtiennes et tous les haïtiens conséquents qui veulent un changement véritable dans notre pays, qui appellent de leurs vœux le Dialogue National tant attendu,  qui veulent que notre pays récupère l’argent du programme Petrocaribe volé par le PHTK et d’autres et obtienne leur condamnation, qui veulent que justice soient rendue aux victimes des exécutions sommaires, des massacres et des kidnappings et que les coupables et leurs commanditaires soit jugés et punis, qui veulent que notre pays rompent avec la mauvaise gouvernance doivent se mobiliser en masse à travers le pays.

Le 17 octobre, doit être le point de départ d’une nouvelle mobilisation qui devra rassembler toutes les couches sociales en vue d’obtenir le départ du président de la république au plus tard le 7 février 2021.  Nous appuyons toutes les initiatives de mobilisation pacifique projetées par de multiples organisations à travers le pays.  Que chacun prenne ses responsabilités et expriment son rejet de ce pouvoir dans sa zone et selon ses moyens.

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